Martin Greffe

Autoportrait Manifeste - Janvier 2013

J'ai mené un dur combat face à cet oeil de fer et cette matière photographique ces derniers jours. Je devais rester figé face à cet oeil pour espérer obtenir une image de moi sur le papier. Le manifeste représente pour moi une trace, ici celle que j'exerce sur le temps.

Il a fallu multiplier les essais, et ces têtes à têtes incessants de vingt minutes face à ma chambre sténopé m'ont fait réfléchir encore plus sur cette notion de trace et de passage. Lors des premiers jours je trouvait cet exercice amusant : bouger le moins possible pour satisfaire ce petit oeil.

Les jours passants et les échecs avec, cet amusement est devenu un combat contre le temps, essayer de trouver le temps parfait, celui avec lequel on me distinguerait le mieux sur le papier enduit de matière photosensible.

Le cérémonial précédent la prise de vue a aussi son importance pour moi, en particulier le geste exercé sur le papier. Nous avons au final deux traces différentes : les traces matérielles du pinceau qui m'a servi à enduire la feuille, puis la trace temporelle que j'ai exercé durant vingt minutes, qui relève de la performance.

     

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